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  • Cabaret poétique du 18 mai

    Premiers souvenirs du cabaret poétique de dimanche au Périscope. Merci à Béatrice Brérot pour ces photos - à voir sur sa page facebook :

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  • Des extra-structures - La Volonté de décision (III)

    Je poursuis la mise en ligne de ce court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le troisième épisode ci-dessous.

     

    III

     

    Je referme ici la parenthèse, synthétiquement. Dans les deux cas, de l'Union européenne et de l'intercommunalité, une même logique apparente est à l'œuvre pour répondre à la fois à la globalisation, à la massification et aux attentes publiques de politiques et d'équipements collectifs performants et interconnectés. Cette logique est celle de la délégation à un (nouveau) centre supérieur, ou celle des extra-structures internationales et locales. Ce dernier terme – je m'en excuse – fabriqué et un barbare est cependant étymologiquement plus juste que celui de superstructure propre à caractériser des armatures internes et primaires, ou celui d'exostructure pour des armatures externes certes mais toujours aussi primaires. Ni l'Union européenne, ni les intercommunalités peuvent se prévaloir de ces formes ; édifications en contrefort sans justification autre que de raison, ni symbolique, encore moins historique, imaginaire ou réelle. Les extra-structures évoquées correspondent bien plutôt à une forme d’architecture externe et secondaire ; je les définirais de la sorte : extérieures aux entités premières, ajoutées par défaut, et plus larges que celles-là, adjoignant plusieurs entités de même échelle, et créant de la sorte une centralité autre, distincte et indépendante des centres historiques. Toute extra-structure est une remise en cause des équilibres passés et doit réinventer de nouveaux équilibres. Leur nature, telle que décrite, implique trois conflits essentiels – précédemment abordé lorsque j'examinais le cas pratique des intercommunalités (voir II). J'énumère à nouveau ces conflits en généralisant :

    • L'affaiblissement de la démocratie directe : les structures de décision ne sont plus élues au suffrage universel direct tandis que les seules instances encore élues selon ce mode (communes, états) s'apparentent de plus en plus à des coquilles vides. Le sentiment d'affaiblissement de la démocratie, de perte de la souveraineté populaire semble encore plus fort dans des pays très centralisés ou le suffrage direct est un fondement symbolique.
    • L'hégémon : le plus souvent, les entités sont de tailles, de puissance et d'influence différentes – c’est le cas des agglomérations comprenant une ville-centre, ou celui de « l'avant-garde » européenne, infléchissant la politique au nom des Vingt-Huit. L'imperfection fonctionnelle du principe de subsidiarité, ou la tendance inhérente aux extra-structures d'élargir leurs compétences optionnelles ou plus largement leurs champs d'intervention conditionne de façon croissante la politique globale des membres en fonction de celle du centre. La question de l'hégémon détermine une possible déprise des périphéries sur leur destin et de la confiscation du pouvoir par les centres anciens les plus autorisés.
    • La raison supérieure si l'insuffisance des institutions premières devient argument d'autorité, pour légitimer et contraindre à une extra-structure malveillante, ce fut le cas lors du traité constitutionnel européen rejeté par les peuples et imposé autoritairement.
  • A propos de la démocratie dans les intercommunalités - La Volonté de décision (II)

    Je poursuis la mise en ligne de ce court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le second épisode ci-dessous.

    II

     

    Je m'intéresse à l'Union européenne, et au sort des peuples qui l'ont dernièrement intégrés, au regard d'un désir inassouvi, impératif et local ou pour le dire différemment, ma propre expérience du sentiment d'être périphérique. Permettez-moi de dérouler le fil de ma pensée comme je l'entends et d'aborder mon sujet par ce qui pourrait vous paraître une digression. Je voudrais envisager un phénomène spécifiquement français sous la forme, d'une échelle moindre que l'Union quoique analogue :l'affaiblissement du pouvoir de décision pour l'électeur lors du passage de la commune à l'intercommunalité. Là encore, il n'est pas question de blâmer des structures nécessaires pour la gestion partagée d'un espace somme toute partagé. Néanmoins l'on peut se demander quand un échelon administratif supplémentaire est crée, et lorsqu'il est transféré à son personnel de la part des élus des compétences de plus en plus étendues, qui exerce le vrai pouvoir et quels liens relient ces dépositaires du pouvoir au peuple souverain ? De même, en vertu de la souveraineté populaire et de l'égalité des voix, que devient la légitimité de tout système indirect (y compris celui des arrondissements dans certaines villes), lorsque les résultats de l'élection diffèrent de la majorité des suffrages exprimés ? Les représentants des communes dans les conseils communautaires, élus par les élus municipaux, font s'apparenter de plus en plus ces élections locales à un suffrage indirect où les conseils municipaux endosseraient le rôle de grands électeurs. La dernière loi relative à l'élection des conseillers communautaires, de mai 2013, s'apparente à un simulacre ne donnant en rien aux électeurs la possibilité de choisir des représentants spécifiquement communautaires, ni ne permet une distinction de listes municipales et communautaires et lui impose de fait, cyniquement comme étant de leur propre leurs choix, les choix qui auraient été entérinés en conseil municipal. Il y a un malaise en périphérie issue du sentiment d'éloignement des pôles décisionnaires et de leur nomination – ce sentiment de déprise renforcé par la gentrification urbaine qui se traduit encore maladroitement voire de façon absurde par l'abstentionnisme, le vote subversif ou celui de contre-courant. Le récent basculement à droite de nombreuses agglomérations dont la ville-centre reste à gauche, est évidemment un symptôme et la marque de plus en plus caractéristique d'une fracture entre le centre et ses périphéries multiples.

  • Incipit - La Volonté de décision (I)

    Je commence aujourd'hui la mise en ligne d'un court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le premier épisode ci-dessous.

     

    I

     

     

    J'avais noté dans un carnet, il y a quelques temps des mots très durs sur l'Europe ; je ne les rapporterai pas. Ce n'est pas qu'ils dépassaient ma pensée ou que je serai prêt à en retrancher aujourd'hui le moindre terme mais ils pourraient simplement prêter à confusion, ou méprise. Et je ne souhaite pas cette confusion, ni méprise. Les mots que j'avais noté, je tiens simplement à souligner cette nuance, ne dénigraient pas, au contraire, la belle idée nobelisée d'Europe, comme possibilité d'un espace de paix, d'échanges et de démocratie mais une situation en particulier que nous pourrions appeler « Union européenne actuelle » face à la question de ses institutions. Ils exprimaient la crainte de la dépossession du pouvoir pour chaque citoyen ou de son sentiment de déprise lorsque les centres décisionnaires sont élus comme qui dirait par ricochet ou de façon indirecte, loin de l'électeur premier et familiarisé avec des pouvoirs nationaux et de proximité sur lesquels il agit directement et peut sanctionner à son gré, car il est étonnant de voir à quel point d'élection en élection intermédiaire le peuple aime à manier la férule et punir ceux en qui il a espéré hier. Ces critiques et contestations n'ont sans doute rien d'original – sont peut-être même de circonstance – tant les institutions européennes sont tancées de tout bords de la part des souverainistes de gauche et de droite criant à la conspiration technocratique et à la liquidation des valeurs nationales, comme de la part de certains européïstes même, développant une critique utilitariste selon laquelle les institutions actuelles ne seraient pas suffisante pour répondre à la crise économique et devraient être approfondies : budget européen, mutualisation des dettes, réforme de la banque centrale ou de la fiscalité... des propositions qui vont toutes dans le sens de plus de synergies entre politiques nationales, voire imposent à elles des corps décisionnaires communs. Faut-il le dire cet utilitarisme simple n'effleure qu'à peine les points cruciaux de démocratie, de transparence et d'adhésion populaire et s'apparente en quelque sorte à un empirisme du moindre ? L'approche généalogique du problème de la « décision » en France et en Europe apporterait des éléments me semble t-il décisifs pour comprendre dans leur nature ces institutions et non pas simplement de façon très superficielle dans leur forme. Voilà pourquoi les critiques qui en découlent sont différentes puisqu'elles sont des critiques de nature et non pas de forme comme celle des européïstes réformateurs ni de fait comme le refus des souverainistes.