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  • Incipit - La Volonté de décision (I)

    Je commence aujourd'hui la mise en ligne d'un court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le premier épisode ci-dessous.

     

    I

     

     

    J'avais noté dans un carnet, il y a quelques temps des mots très durs sur l'Europe ; je ne les rapporterai pas. Ce n'est pas qu'ils dépassaient ma pensée ou que je serai prêt à en retrancher aujourd'hui le moindre terme mais ils pourraient simplement prêter à confusion, ou méprise. Et je ne souhaite pas cette confusion, ni méprise. Les mots que j'avais noté, je tiens simplement à souligner cette nuance, ne dénigraient pas, au contraire, la belle idée nobelisée d'Europe, comme possibilité d'un espace de paix, d'échanges et de démocratie mais une situation en particulier que nous pourrions appeler « Union européenne actuelle » face à la question de ses institutions. Ils exprimaient la crainte de la dépossession du pouvoir pour chaque citoyen ou de son sentiment de déprise lorsque les centres décisionnaires sont élus comme qui dirait par ricochet ou de façon indirecte, loin de l'électeur premier et familiarisé avec des pouvoirs nationaux et de proximité sur lesquels il agit directement et peut sanctionner à son gré, car il est étonnant de voir à quel point d'élection en élection intermédiaire le peuple aime à manier la férule et punir ceux en qui il a espéré hier. Ces critiques et contestations n'ont sans doute rien d'original – sont peut-être même de circonstance – tant les institutions européennes sont tancées de tout bords de la part des souverainistes de gauche et de droite criant à la conspiration technocratique et à la liquidation des valeurs nationales, comme de la part de certains européïstes même, développant une critique utilitariste selon laquelle les institutions actuelles ne seraient pas suffisante pour répondre à la crise économique et devraient être approfondies : budget européen, mutualisation des dettes, réforme de la banque centrale ou de la fiscalité... des propositions qui vont toutes dans le sens de plus de synergies entre politiques nationales, voire imposent à elles des corps décisionnaires communs. Faut-il le dire cet utilitarisme simple n'effleure qu'à peine les points cruciaux de démocratie, de transparence et d'adhésion populaire et s'apparente en quelque sorte à un empirisme du moindre ? L'approche généalogique du problème de la « décision » en France et en Europe apporterait des éléments me semble t-il décisifs pour comprendre dans leur nature ces institutions et non pas simplement de façon très superficielle dans leur forme. Voilà pourquoi les critiques qui en découlent sont différentes puisqu'elles sont des critiques de nature et non pas de forme comme celle des européïstes réformateurs ni de fait comme le refus des souverainistes.