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Correspondance - Page 2

  • Une évidence

    Nous avons passé deux nuits la même journée 
    L'un contre l'autre
    La lune pleine dans la lumière tamisée par des rideaux de lin
    Je me suis plongé dans ton corps comme dans une étuve
    J'en suis ressorti languide et suintant
    Serein, 
    Comme rempli d'un de chaos réunifié
    Nos projets se reliaient avec le plus grand naturel au vide d'hier
    Nos corps en présence se juraient fidélité se répétant un poème de Desnos
    C'est une promesse sans bifurcation possible prononcée sur notre propre tête
    Et deux fois je me suis réveillé à côté de toi
    Cette même journée
    Lové rassuré par ta peau encore ensommeillée
    Marquée par le pli des draps sur la joue et l'épaule
    Tu était là comme une évidence
    Comme tous les matins, évidente.

     

  • [Que recouvre le bonheur ?]

    Que recouvre le bonheur ?

    Qu'avons nous glissé sous le tapis

    Combien de doutes sous la joie

    Combien d'inquiétudes

    De souffriandise

    Dans l'attachement

  • [Les feuilles de cerisier jonchent le sol]

    Les feuilles de cerisier jonchent le sol

    Il a beaucoup plu au mois d'avril

    Pourtant jamais mois ne fut plus radieux

    Et mai porte des promesses

    Aimer

    En attendant la suite

  • Désormais

    Désormais des ormeaux le long des routes, désormais des sentiers, des poches pleines des hélices des érables puis des terres arables, désormais des passages à niveau, ce ruisseau au dessus duquel nous avons construit des barrages de branchages, c'était il y a longtemps, avant le feu,

     

    Le tourbillon des escarbilles et leur crépitement

    Pour ne pas prendre racine

     

    Je m'étais tiré les larmes aux yeux, des larmes de fonds, des fanons des baleines de parapluie. Il pleuvait.

    Il pleuvait

     

    Mais le sifflement des chants des sirènes décident de désirs nouveaux renient les anciennes passions. Patiemment, s'évaporent les femmes passées, s'évaporent les images, les mots, s'évaporent les sentiments liquides jusqu'à complète évaporation jusqu'à ce que l'on n'arrive à

    l'os

     

    Désormais le vent dans les cheveux, courir, sentir l'air frais brûler les poumons, désormais les sentes et les chemins de chèvres, la lourde.

    Désormais

     

    La rue au petit matin,

    le chant des oiseaux,

    le soleil rasant de l'hiver qui m'éblouit,

    marcher sur les lignes blanches,

     

    l'autre soir, le train de minuit vingt, le dernier,

    des mères qui vous tendent un gobelet de fast-food pour l'aumône,

    les toilettes occupées mais tant pis,

    désormais l'envie de rire.

     

    Tout me reviens...

     

    Désormais les rondes, les cultes orgiaques, désormais les Ménades aiment la chaire cuite, le monde est limpide comme du cristal ou comme de l'eau claire, désormais je ne suis plus comme un chat d'appartement devant ce qui relève d'une aventure, il y a certains mots qui ne sont plus des ennemis, des patiences qui ne sont plus impossibles, des flaques...

     

    Il a plu cette nuit.

     

    C'est tout. Mais rien à demander de plus.

     

    Le foyer enfin, les travaux domestiques, une vis qui pénètre le bois, l'écharde... désormais des lèvres à prendre, apprises, par cœur, au goût salé.

     

    Je te sens près de moi, désormais.