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Incarnations - Page 4

  • De la décision ou de l'exercice de la souveraineté populaire - La Volonté de décision (V)

    Je poursuis la mise en ligne de ce court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le cinquième épisode ci-dessous.

    V

     

     

    J'utilise, et ce depuis le début, le terme de décision – central ici – sans même l'avoir défini, une faute didactique que je déplore et réparerai au plus tôt. Déjà les contours de la décision se sont dessinés dans mes propos précédents. Celle-ci doit se comprendre dans un cadre : la démocratie représentative. La décision est par nature cette action liée à une pratique : le suffrage direct, et un principe : la souveraineté populaire. Ce sens essentiellement volontariste de la démocratie qui impose en premier un respect de la part de souveraineté que détient chaque citoyen, dans le processus de décision politique et exprime l'impossible déperdition du vote comme représentation de chacun, d'une échelle à l'autre ou d'un corps d'électeur à l'autre – corps second dont la condition expresse est une proportionnalité parfaite du collège des grands électeurs, s'inscrit dans la grande tradition démocratique libérale (Locke, Mill) ou non (Athènes). Des penseurs contemporains (Habermas) ont tenté une autre conception de la démocratie fondée sur la théorie de la discussion, faisant de l'accès au débat une légitimation tout aussi indispensable. Or je viens de décrire ce débat, et les diverses tentative pour créer des espace pouvant l'héberger comme une contrepartie lorsque la participation volontariste perd son sens (voir IV). Il ne peut se substituer à la reconnaissance du citoyen comme une unité indivisible, indissoluble et dont on ne peut omettre le choix ni le dupliquer in extenso pour octroyer des compétences sur lesquelles en premier le citoyen ne s'est pas exprimé. Les institutions ne peuvent pas être comme un câble mal isolé ou de mauvais débit, et il importe plutôt et surtout de veiller sans cesse à l'efficacité de la transmission en confiance qui n'est ni une cession, ni une dévolution du pouvoir mais une vectorisation de ce pouvoir. Il en ressort que toute limitation ou transfert de compétences doit être avalisé par le peuple souverain lui-même et ne supporterait pas d'être le fait des élus de leur propre chef. Au risque de me répéter, les extra-structures marquent une crise grave de la démocratie représentative et présentent actuellement ce risque d'une plus illusoire transmission de la souveraineté populaire entre les citoyens et les élus communautaire. La volonté de décision, dont l'expression ne sera le fait que des périphéries territoriales et dans le cas de l'Union européenne, avec les périphéries sociales des centres, appelle à une réforme des extra-structures afin de les comprendre, les accepter et les mettre à notre main et service, elle milite pour plus de démocratie directe et par-là même questionne les limite actuelles des échelles du pouvoir possiblement obsolète. La faillite de la commune comme celle de l'État-nation, amoindris ce besoin de s'adjoindre des structures communautaires de plus en plus émancipées et prépotentes marquent in fine la faillite des échelons « identitaires ». Une réponse identitaire aux problèmes posés par les extra-structures est possible en retour – j'y reviendrai (voir VI) –cependant d'autres vues pourraient être plus adéquates ; en déplaçant le curseur de la souveraineté nationale vers la souveraineté populaire, celui qui imprime sa volonté de décision se fait moins eurosceptique mais pas moins critique du déni de représentation des institutions actuelles et ouvre à la voie, enfin, à une politique commune qui ne soit pas de ressentiment.

     

     

     

     

  • Les sondages et la démocratie participative - La Volonté de décision (IV)

    Je poursuis la mise en ligne de ce court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le quatrième épisode ci-dessous.

     

     

    IV

     

    J'ouvre sur le champ une seconde parenthèse. L'éloignement constant entre le pouvoir réel et les citoyens, et par-là même l'astreinte du premier au second par un suffrage direct sans substance, amène le personnel politique à se poser la question d'une nouvelle correspondance avec les citoyens et d'une meilleure inclusion de ceux-ci dans le processus de délibératif. Les démocraties contemporaines promeuvent au moyen de médiations expérimentales de nouveaux espaces d'expressions et de débat au sein même de la société . Je distinguerai en particulier deux de ces médiations : le sondage et la démocratie participative. Le sondage commandé par les responsables politiques, locaux, nationaux et au-delà comme le secteur d'analyse de la commission européenne qui assure un suivi régulier de l'opinion publique dans les États-membres, vise à définir la position des individus. Ils se situent tout au long du processus décisionnel y compris en amont, on parlera parfois à tort, de ballons d'essai et en aval pour mesurer la satisfaction et mener une évaluation – la place de l'évaluation dans les politiques publique est de plus en plus importante au fur et à mesure que les liens avec les citoyens se distendent. Le sondage comme outil n'est pas simplement une mesure de l'acceptation mais une vrai consultation visant à créer entre responsables et peuple une nouvelle association ; elle s'appuierait moins sur la participation de tous que sur une représentation de chacun à travers une modélisation de la société. La multiplication des enquêtes en cours de mandat et les coûts de plus en plus faramineux qu'elles induisent témoigne de leur puissance, cependant si les sondages sont devenu pour l'État le médium privilégié de la rencontre avec les citoyen, ou le lieu d'une vox populi c'est une voix dépourvue de sa souveraineté – ou de moins en moins performative. Le fonctionnement est un peu différent quant à la démocratie participative. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle n'est pas un modèle démocratique à part mais davantage un auxiliaire de la démocratie représentative. Elle permet aux responsables de s'appuyer sur d'autres ressorts qu'eux même ou leurs experts, à travers une consultation sans intermédiaire de la société civile organisée, pour l'élaboration collective de pans de la politique le plus souvent locale – dans tout les cas la démocratie participative traduit l'engagement volontairede tous les acteurs. A petite échelle, il s'agira plutôt de débats, durant lesquels la contribution des citoyens est assurée par le biais d'organisations diverses non gouvernementales ou d'associations, ou de jurys populaires, ce qui implique une définition de critères qualitatifs et quantitatif à leur représentativité trop souvent discutée, pour que les compétences (ou le choix s'il est dû au hasard) de chaque intervenant soient moralement reconnues par l'ensemble de la société, même s'ils reste finalement dépourvu de pouvoir réel. Autant le dire, aucune de ces tentatives, ni le sondage, ni la démocratie participative, quoique louables et, je le pense, de bonne foi n'est suffisante Elles témoignent surtout de l'incapacité à faire correspondre nos critères anciens de la souveraineté avec les nouvelles institutions et soulignent ainsi le glissement de notre modèle démocratique représentatif par la décision (le suffrage) vers une démocratie d'opinion et/ou de consultation, où le citoyen se retrouve en second.

     

  • Cabaret poétique du 18 mai

    Premiers souvenirs du cabaret poétique de dimanche au Périscope. Merci à Béatrice Brérot pour ces photos - à voir sur sa page facebook :

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  • Des extra-structures - La Volonté de décision (III)

    Je poursuis la mise en ligne de ce court essai politique que je publierai en dix fragments comme un feuilleton à périodicité aléatoire, entre un et trois jour. Le troisième épisode ci-dessous.

     

    III

     

    Je referme ici la parenthèse, synthétiquement. Dans les deux cas, de l'Union européenne et de l'intercommunalité, une même logique apparente est à l'œuvre pour répondre à la fois à la globalisation, à la massification et aux attentes publiques de politiques et d'équipements collectifs performants et interconnectés. Cette logique est celle de la délégation à un (nouveau) centre supérieur, ou celle des extra-structures internationales et locales. Ce dernier terme – je m'en excuse – fabriqué et un barbare est cependant étymologiquement plus juste que celui de superstructure propre à caractériser des armatures internes et primaires, ou celui d'exostructure pour des armatures externes certes mais toujours aussi primaires. Ni l'Union européenne, ni les intercommunalités peuvent se prévaloir de ces formes ; édifications en contrefort sans justification autre que de raison, ni symbolique, encore moins historique, imaginaire ou réelle. Les extra-structures évoquées correspondent bien plutôt à une forme d’architecture externe et secondaire ; je les définirais de la sorte : extérieures aux entités premières, ajoutées par défaut, et plus larges que celles-là, adjoignant plusieurs entités de même échelle, et créant de la sorte une centralité autre, distincte et indépendante des centres historiques. Toute extra-structure est une remise en cause des équilibres passés et doit réinventer de nouveaux équilibres. Leur nature, telle que décrite, implique trois conflits essentiels – précédemment abordé lorsque j'examinais le cas pratique des intercommunalités (voir II). J'énumère à nouveau ces conflits en généralisant :

    • L'affaiblissement de la démocratie directe : les structures de décision ne sont plus élues au suffrage universel direct tandis que les seules instances encore élues selon ce mode (communes, états) s'apparentent de plus en plus à des coquilles vides. Le sentiment d'affaiblissement de la démocratie, de perte de la souveraineté populaire semble encore plus fort dans des pays très centralisés ou le suffrage direct est un fondement symbolique.
    • L'hégémon : le plus souvent, les entités sont de tailles, de puissance et d'influence différentes – c’est le cas des agglomérations comprenant une ville-centre, ou celui de « l'avant-garde » européenne, infléchissant la politique au nom des Vingt-Huit. L'imperfection fonctionnelle du principe de subsidiarité, ou la tendance inhérente aux extra-structures d'élargir leurs compétences optionnelles ou plus largement leurs champs d'intervention conditionne de façon croissante la politique globale des membres en fonction de celle du centre. La question de l'hégémon détermine une possible déprise des périphéries sur leur destin et de la confiscation du pouvoir par les centres anciens les plus autorisés.
    • La raison supérieure si l'insuffisance des institutions premières devient argument d'autorité, pour légitimer et contraindre à une extra-structure malveillante, ce fut le cas lors du traité constitutionnel européen rejeté par les peuples et imposé autoritairement.